Il y a quelques années, j'ai ressenti la nécessité de percer des trous dans mes toiles.
J'ai percé à l'aveugle, et sans le savoir, j'ai ouvert un passage.
J'ai cheminé longtemps à l'intèrieur, tatonnant vers le monde extèrieur, au travers de vides créés dans mes toiles.
Ce fût une véritable mue.
Je regardais dehors sans être vue, comme au travers de persiennes.
Au cours de ce voyage, l'appel du dehors s'est fait plus pressant. Les fenêtres se sont ouvertes, créant des appels d'air, me délestant de vieux oripeaux, faisant voler en éclats des remparts de certitudes et de raideurs.
Au bout du chemin, je me trouve sur le seuil, tournée vers le dehors.
Un pas de plus et j'appréhende l'inconnu.

Dehors, les arbres. 130 x 97.technique mixte. Oeillets de bâche enchâssés.

 

Ces draps de coton ou de lin, sur lesquels je compose à partir de fragments de toiles réalisées il y a 10, 20 ou 30 ans. Ces draps sont les linceuls d'une mort en moi-même. Ils sont aussi, les langes d'une renaissance qui s'opère en moi depuis plus de 20 ans, à l'intèrieur.
Ma peinture a donné le jour à cette renaissance.

Messagère de la bonne nouvelle.
Triptyque. 245 x 116.