1948  Je suis née à Marseille.  
1966  Je fais partie d'un petit groupe de jeunes gens, poètes, débutants au théâtre. Nous nous retrouvons, certains soirs sur une petite place à Marseille, (place Grobet-Labadie) pour y faire des "happening". La police intervient plusieurs fois. 
Un jeune artiste plasticien, Ben, nous invite à venir à Nice pour y faire un "happening" sur la Promenade des Anglais. Il filme l'évènement , jusqu'à l'intervention de la police.
 
1968  Je suis étudiante aux "Beaux-Arts" de Marseille et j'y vis "Mai 68". Mon professeur de peinture à qui je dis :"je veux devenir peintre", me répond: "il n'y a pas de femmes peintre". Quand j'évoque Léonor Fini, il me répond qu'elle est "décoratrice".  
1975  Je suis enceinte de ma fille Léonore, et je m'autorise à acheter ma première toile. Jusque-là, je peignais sur papier.  
1985  Je prends une disponibilité de mon enseignement à l'Education Nationale où j'exerce depuis 1972 en tant que professeur d'arts appliqués. Je veux faire une rupture avec l'enseignement, et avec ma ville, Marseille. Je veux me consacrer à la peinture, être plus près de la Nature.
Pour cela, je m'installe avec ma fille dans ce petit village du Luberon où je passais mes vacances, enfant. Depuis, j'y vis avec mon compagnon.
 
1990  Je fais partie d'une association d'artistes du Pays d'Apt : Artifices. Cette association organise un colloque sur Apt : " Peut-on encore entretenir la croyance en l'art ?". Des gens du monde de l'art interviennent, critiques, artistes. C'est là que j'entends parler Léonardo Crémonini, et la fulgurence de son propos sur l'art, me touche énormément. Je le rencontre à Paris, et plus tard dans son atelier en 2006. Ces rencontres seront suivies d'échanges sur la place de la peinture dans la société du spectacle.  
1991  Je reprends mon enseignement arts appliqués en Lycée professionnel.  
2001  J'expose à New-York (Opera gallery ), l'hiver qui suit le 11 septembre. L'effondrement des tours de Manhattan marque un cran supplémentaire dans la crise des valeurs. Le pouvoir médiatique, l'envahissement de l'image et de l'objet, allant grandissant, il me devient très difficille d'exposer. L'art conceptuel, la culture d'animation, la promotion de " la jeune création", l'effet "tendance", me pousse hors du paysage culturel. Je ressens douloureusement que la maturation longue du métier de peintre, ne représente plus une valeur.
J'essaie de garder la foi en mon travail.
 
2003  Après avoir vu quelques oeuvres de Vincent Bioules exposées à Marseille, je découvre sa peinture à la Villa Tamaris , à la Seyne-sur-Mer. Je suis extrêmement touchée. Je le rencontre lors d'une conférence qu'il donne sur Cézanne, à Aix-en-provence. Il viendra peu après, visiter mon atelier.
Ce fût très important pour moi, qu'un des fondateurs de Support-Surface, ayant évolué en dehors de ce mouvement, dans la représentation figurative, m'encourage à poursuivre dans la voie que j'ai choisie.
 
2005  Je rentre dans une étape inattendue. Après destruction de nombre de mes toiles, je me mets à travailler au cutter, faisant des trous dans des toiles anciennes, cherchant une autre respiration. Je fais apparaitre le bois du châssis, je recompose, essayant d'amener mon espace intérieur sur l'extérieur:  le Réel. 
Je m'immerge dans un travail nécessaire et déroutant qui va me conduire à changer de propos.
 
2008  Je prends ma retraite de l'Education Nationale. Je me sens dégagée d'une charge, l'enseignement en Lycée professionnel, devenant de plus en plus difficile.
Ce métier m'a permis, bien qu'étant souvent en contradiction avec mon travail de peintre, de me confronter à la réalité de la société en perpétuelle évolution. Il m'a permis de me prendre en charge financièrement.
 
2009  Je deviens grand-mère d'une petite Nina.  
2010  Je décide de mettre en mots, ma reflexion sur l'art. Pour cela, je prends la parole dans le cadre du café philo d'Apt. L'intitulé de mon café philo sera : "l'art contemporain, nourritures spirituelles ou restauration rapide ?".  
2012  Je deviens grand-mère d'une petite Alice.  
2011-2015  Tout en poursuivant un travail de déconstruction sur mes toiles anciennes, je crée une série de toiles sur un thème : " dans les arbres".
Il s'agit en fait, dans cette période de me propulser à l'Extérieur sur la toile et aussi dans le Réel.
Je me lance dans une démarche de projets sur le Pays d'Apt. Le premier prendra sa place dans 7 maisons privées, à l'invitation de de leurs hôtes. J'y expose un ensemble de toiles intitulé " carnet de voyage d'une femme peintre, entre nature sauvage et civilisation ".
Le second prendra sa place dans différents lieux inédits de la ville d'Apt. Le dernier projet : "1 peintre, 1 toile, 1 mairie ", se déploira sur les 25 Mairies de la Communauté de communes du Pays d'Apt.
 
2016  Je franchis le seuil de l'Institution. Je suis accueillie pour une exposition que je nomme "Passage" au Centre d'Art Villa tamaris à la Seyne-sur-Mer. La lecture du livre de Jean Philippe Domecq : Comédie de la critique, m'accompagne dans ce passage.  
2020-2022  Je mène à terme ce travail de déconstruction-reconstruction à partir de toiles peintes il y a plusieurs années.
Je tire parti de confinement imposé par la Pandémie, pour aller profond dans ce travail si particulier, dans une situation si particulière.
Curieusement, au terme de ce travail, se révèle un ensemble de toiles sur un thème que je nomme " Le grand large ".